Un grand patron qui se fait virer en un jour pour s’être enfermé, aveuglé, grisé de ses fantasmes de puissance solitaire… Un autre qui s’en va du jour au lendemain, sans rien dire, alors qu’il manageait 150000 personnes, en plein milieu d’un plan stratégique effroyablement difficile… Un troisième qui démissionne, un an et demi après, alors que son entreprise est sous les feux nourris de la rampe, que les constats d’excès, d’erreurs se multiplient, mais qui n’endosse aucune responsabilité…
Et puis ces autres patrons, plus petits qui se font séquestrer par des personnels apeurés, parfois instrumentalisés, parfois sans autre idée…. Ceux qui renoncent finalement, cédant à la pression, à leurs bonus, stock-options, parachutes qui n’en apparaissent que plus moralement scandaleux… Ceux qui ne disent rien et qui essaient de ne pas se faire remarquer pour tenter de garder, leur rémunération, leur statut, parfois leur place…
La vie de patron n’est pas facile sous les rafales de la crise. Trop de patrons et pas assez de managers ? Attention à la mythification du concept de manager, un peu trop facilement vendu par des faiseurs de miracles du conseil, de la stratégie, de la pub ou de la chasse.
Il est intéressant de voir comment autant de valeurs si cruellement mises à mal par notre époque (comme la morale, l’équité, la responsabilité, le sens du sacrifice,…) se retrouvent si consensuellement présentes dans ce débat sur les grands patrons et la crise. Certes les managers ne sont pas les seuls à qui ces principes peuvent démontrer leur vertu. Mais ils font partie de ceux qui doivent en donner l’exemple sous peine de corrections parfois douloureuses…
La crise aura au moins eu cette vertu : nous rappeler l’importance de l’exemplarité du management.